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| National
Geographic Centre since
2005!!
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| Dans la péninsule du Sinaï : les coraux déménagent ! Des coraux condamnés sauvés à Sharm el Sheikh |
Un projet expérimental a débuté récemment au Sud du Sinaï, par une journée remplie d’exaltation. Tôt le matin, la course avait démarré pour l’équipe des plongeurs scaphandre afin de déplacer quelques larges morceaux de corail, provenant d’une épave qui sera bientôt récupérée, juste au nord du détroit de Tiran. Par la suite, transportés par bateau vers leur nouvelle maison, pour être greffés sur le récif artificiel en face du Red Sea Diving College, en plein cœur de Naama Bay, Sharm el Sheikh, Egypt. Pour une meilleure chance de survie, tout ceci a dû être accompli avant la tombée de la nuit.
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Dr Mohammed Yasser et l’équipe du Red Sea Diving College |
Le projet est une contribution du Red Sea Diving College pour la campagne mondiale de l’Année Internationale des Récifs 2008 - www.iyor.org
Nous avons appris, avec d’autres projets de ce genre, que le délai pour transplanter de coraux doit être réduit au minimum. Plus les coraux passent du temps en dehors de leur habitat naturel, plus la probabilité d’expérimenter du stress augmente ce qui peut incontestablement léser leur chances de survie.
Puisque durant les derniers jours d’hiver du mois de mars, la tombée de la nuit arrive avant 5 heures de l’après midi, une opération bien minutée doit être menée pour réussir à temps le projet initial. En plus de l’excitation déjà présente, sur le chemin pour récupérer les coraux, nos partenaires de projet du Parc National Ras Mohammed ont appréhendé un bateau, qui péchait illégalement dans les zones protégées du parc. |
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Le Million Hope
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Regardez plus près pour voir les coraux commençant à s’attacher eux-mêmes |
| Le plan initial décidé par l’équipe du projet du Red Sea Diving College et le Parc National de Ras Mohammed, était de naviguer en partant depuis Naama Bay vers le nord, jusqu’à l’épave du Million Hope située près de Nabq, dans la péninsule du Sinaï. Le Million Hope est une épave de 175 mètres de long qui sera bientôt enlevée par une société de récupération. Les fonctionnaires du parc national nous ont donné la permission d’essayer de prendre du corail sur ce vaisseau, qui a coulé après avoir percuté le récif en 1996. 12 années ont été suffisantes pour une croissance significative de corail sur l’épave. |
7.00 heures. Notre équipe de 16 plongeurs arrive à la jetée de Naama Bay, certains avec de petits yeux, mais tous à l’heure pour un départ matinal sur l’un des bateaux du College, le Habiba 2. Mais personne n’est trop fatigué pour remarquer déjà le vent et la présence de la houle juste en dehors de la baie, certains membres ont déjà l’air de regretter d’avoir répondu présent à l’alarme du réveil.
Le vent du Nord fouette la mer a peine sortis de la baie protégée de Naama Bay. Le projet tombe en ruine avant même de le commencer, vu que ce vent du Nord persistant veut dire qu’il en sera ainsi sur toute la route jusqu’à Nabq. Puisque nous devons mener une opération aussi délicate pour enlever le corail situé à faible profondeur et en même temps penser a la sécurité des plongeurs, nous devons reporter la journée du Million Hope. En effet, rebondir du bas vers le haut dans une partie peu profonde de l’épave avec une très grande houle pourrait s’avérer bien dangereux.
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Dispositions alternatives |
| Un tel scénario à déjà été anticipé, pas aussi étonnant qu’il pourrait sembler, vu que les vents à Sharm soufflent toujours plus fort durant les mois d’hiver. Déjà en début de semaine, nous avions discuté du problème avec Dr. Mohammed Salem, notre partenaire de projet et directeur du Parc National de Ras Mohammed. Ils nous a révélé que quelques jours auparavant, une petite opération de sauvetage avait été effectuée par les gardes côtes après qu’un bateau ait percuté le récif dans une zone protégée du Parc National de Ras Mohammed lorsqu’il pêchait illégalement. Le propriétaire du bateau à été condamné à payer une amende de 23.000 dollars pour les dommages causés au récif, mais ces dommages nous ont permis un plan alternatif. Ceci étant notre plan B au cas ou les vents seraient trop forts. |
Après avoir expliqué le nouveau plan à notre équipe, nous nous sommes dirigés vers le sud à la pointe plus basse de la péninsule du Sinaï et derrière une zone beaucoup plus protégée par les vents.
Le petit bateau avait percuté un récif peu profond du Parc National près du site de plongée The Alternatives. Dr. Mohammed nous a expliqué que de larges colonies de corail cassé étaient éparpillées le long du récif et étaient détruites par le constant battement des vagues, si on les laissait ou elles étaient, elles mourraient dans quelques jours. De notre point de vue, le seul inconvénient était que le corail qui recouvrait le Million Hope était beaucoup plus varié que celui de notre nouvelle cible, composé principalement de plusieurs espèces de la famille des Acroporidae.
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Rétablis par un café bien serré, nous commençons à assembler l’équipement. Nous avons pris des caisses attachées par des cordes en plastique, gants pour pouvoir manipuler les coraux, seaux, cordes, colliers de fixation et petits burins. Dr Mohammed a aimablement apporté tout l’équipement lourd incluant une pompe a eau, un petit générateur Honda et un très grand container blanc. Il ressemble à un jacuzzi mais nous ne sommes pas à bord d’une croisière de plongée de luxe. Ce container est rempli d’eau pour réapprovisionner continuellement les caisses remplies de coraux une fois à bord. Nous comptons également à bord, Yasser Awadallah, du département de recherche environnemental du Parc National de Ras Mohammed. Il a déjà participé à un projet similaire, en association avec l’université d’Essen en Allemagne. Les membres du projet avaient pris de petits fragments de corail sur les récifs de Nabq et les ont greffés, avec un certain succès à Marsa Bareika dans le Parc National de Ras Mohammed.
Sur le chemin, Dr. Mohamed et Yasser expliquent avec détail le planning et les directives à suivre pour la manipulation et le transport des coraux.
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Pêche illégale
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Capture et ramassage des coraux – Pêche illégale |
| 9.30 du matin. Peu après avoir contourné la pointe du Sinaï, un bateau apparaît en vue. A mesure de notre approche, nous pouvons voir que l’équipage s’est illégalement ancré sur le récif. Nous sommes en plein cœur du Parc National de Ras Mohammed, décrété par le gouvernement Egyptien zone protégée depuis 1983. Jeter l’ancre est certainement illégal tout comme la pêche, ces règles ont aidé à maintenir l’excellent état de conservation dans lequel le parc national s’y trouve aujourd’hui. Plus proches du bateau, appelé Marine 2, nous voyons deux hommes remonter rapidement les lignes de pêche, mais nous avons des preuves sur photos. Nous nous rangeons à leur côté et leurs coordonnées sont prises. Dr. Mohammed nous explique que le propriétaire du bateau recevra une amende de 3.000 dollars et son bateau ne pourra pas quitter le port en contrepartie du paiement. Le guide de plongée à bord peut également perdre sa licence de Mer Rouge. |
10.00 heures du matin. Nous laissons le bateau incriminé et nous dirigeons vers notre destination cible. Une heure plus tard, la lecture du GPS nous indique une zone générale. Deux équipes en snorkeling cherchent pendant 20 minutes pour trouver l’endroit exact. |
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Restauration du récif, concept et directives |
| Dr. Mohammed nous a guidé à travers d’incroyables et utiles directives pour un tel projet. Les intitulés Reef Restoration, Concepts and Guidelines, sont des journaux académiques qui guident les chefs de projet dans ce qu’il faut faire ou ne pas faire se basant sur 5 cas d’études. Ces journaux, écrits conjointement par Alasdair Edwards de l’université de Newcastle et Edgardo Gomez de l’université des Philippines devraient être le premier port d’escale pour les responsables de projets similaires. |
Les coraux transplantés doivent avoir une ressemblance des conditions comparées à leur habitat original. Par exemple, il n’y a pas de raison d’essayer de bouger des coraux qui existent sur une zone de remous pour une lagune calme. De façon similaire, il n’y a pas de raison de bouger une gorgone qui évolue dans le courant pour une baie protégée sans courant.
Le journal recommande de trouver des écosystèmes de référence, et de regarder quels coraux peuvent prospérer dans le voisinage de la zone ou les coraux vont être greffés. Profondeur, niveaux de salinité, sédiments et niveau de pénétration de lumière sont des facteurs également importants. De coraux particuliers, bien sûr, ont évolué pour supporter certaines conditions. Les 5 cas étudiés sur plusieurs endroits dans le monde révèlent plein d’informations utiles.
Le document explique que les Acroporidae grandissent rapidement mais leur taux de survie à tendance à être inférieur que les autres espèces, ils sont sensibles au stress dû au transport, maladie et une fois sur place, le réchauffement global qui conduit au blanchiment qui tue parfois le corail. Mais nous n’avons rien à perdre, puisque les coraux mourront de toute façon là où ils sont s’ils ne trouvent pas rapidement une structure plus solide.
Les derniers jours d’hivers sont les meilleurs moments pour le transport des coraux. Ceci est dû au fait que durant l’été, le soleil intense de la Mer Rouge, rend difficile le maintien de la température dans les caisses en plastique à des niveaux supportables et les coraux pourraient vite chauffer et blanchir. |
Le journal Reef Restoration souligne un autre remarque très juste. Quoique la restauration des coraux en soit encore à ses débuts, certaines choses sont claires. Il n’y a pas d’utilité à restituer un récif dégradé tant que les conditions qui ont amené à la dégradation initiale existent encore. Si des déchets industriels ont étouffé le récif, il est nécessaire de régler la cause, plutôt que de greffer des coraux sur cette zone, ce qui serait une totale perte de temps et énergie.
Comment ceci s’applique à Naama Bay ? L’étendu du corail dans la baie n’a jamais été prolifique comparé à d’autres récifs. La question est pourquoi ? Ici, les déchets causés par la construction des hôtels ont joué un rôle, mais il y a des raisons environnementales beaucoup plus profondes pour la dissémination des coraux dans cette baie sablée. |
Le désert dans le Sud du Sinaï a très peu de précipitations annuelles mais il est sujet à des déluges épisodiques de proportions bibliques, tous les 6 ans selon le folklore Bédouin. Ces inondations ont creusé et modelé le paysage dans le désert. Naama Bay se situe au bas d’un grand wadi, un terme arabe pour désigner un lit de rivière asséché. Dans cette zone, le paysage se compose de hautes montagnes découpées de granit rouge (au coucher du soleil elles ont l’air vraiment rouges) et plaines côtières alluviales plates. De millions d’années d’érosion et inondations transportant de grandes quantités de sable, sédiments et eau ont formé ces larges plaines côtières. Celles ci possèdent de profonds canaux qui apportent périodiquement de grandes quantités de sédiments vers la mer. Personnellement, je me souviens du déluge de 2002 quand les hôtels de Naama Bay étaient recouverts de plusieurs cm d’eau générés par des fortes pluies. Les inondations les plus catastrophiques de mémoire d’homme sont survenues en 1979, les moins destructives furent celles de 1993, 1996 et 2002. Par conséquent, trois digues ont été construites au dessus de Naama Bay, pour détourner et rompre ces pluies torrentielles,
elles peuvent être aperçues depuis la route de Sharm.
En dérivé, ces digues préviennent également que de larges sédiments arrivent en mer. En revenant à la question du pourquoi il y a aussi peu de croissance du corail dans la bay, la réponse dévient évidente. Les empêchements pour la croissance du corail sont l’eau douce et de larges quantités de sédiments qui peuvent littéralement étouffer un récif.
Le développement humain ici, ou dans peu d’autres endroits du globe, pourrait avoir créé de meilleures conditions pour la croissance du corail qu’auparavant. Cependant, cela prendra un certain temps pour tester cette théorie, la plupart des coraux ont une croissance extrêmement lente. |
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Coraux endommagés trouvés
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Capture et ramassage des coraux – Pêche illégale |
| 11.30 du matin. Yasser du Parc National trouve le sillon creusé par le bateau qui a heurté le récif. Un gouge de 4 mètres de long à détruit la plupart de la couverture du corail. Mais des colonies de corail de table et autres espèces à branches principalement de la famille Acroporidae qui sont couchées autour sont encore dans de bonnes conditions. |
Nous avons organisé trois équipes. La première pour ramasser le corail, la seconde pour le transporter dans des caisses en plastique vers le bateau et la troisième, supervisée par le Dr. Mohammed, pour installer le corail dans le container rempli d’eau salée. Nous avons planifiée pour les coraux un temps maximum de deux minutes hors de l’eau.
Là où le corail, en dépit d'être endommagé, se maintient sur le récif, nous le laissons. Nous coinçons également certains des coraux endommagés pour leur donner une chance de survie. Nous prenons seulement les coraux qui sont balayés par la houle, autrement ils n'auront aucune chance de survie. |
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La course pour le retour vers Naama Bay
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Etrange Cargo |
| 13.30. Tous les caisses ont été remplies efficacement avec du corail et sont prêtes pour la course de retour à Naama Bay pour les coucher avec la tombée de la nuit. Un autre plan alternatif éclos d’un membre de l’équipe, Georgia, qui suggère que si la pénombre nous gagne, et nous ne pouvons pas attacher les coraux avant la tombée de la nuit, au moins nous pouvons, avec précaution, immerger les caisses dans un environnement plus naturel, c’est à dire la mer à Naama Bay et ensuite les greffer à l’aube du matin suivant. Cependant, nous savons tous que greffer les coraux dès ce soir donnera à notre projet une plus grande chance de réussite. L’abrasion causée par le frottement de coraux non soutenus peut facilement les endommager. |
13.45. Une fois que tout le monde est à bord, nous remplissons le container d’eau et nous partons. Comme il était prévu, les coraux commencent à produire une toxine laiteuse qui les tuera si elle n’est pas enlevée. Pour cette raison, nous organisons un tournus afin de réapprovisionner les caisses avec de l’eau provenant du grand container, environ toutes les 10 minutes. Nous sommes chanceux, puisque le vent s’est calmé ce qui nous permet de rentrer au port à une vitesse normale, cependant, les arrêts occasionnels pour remplir le container avec de l’eau de mer propre nous ralentit un peu.
En y regardant de plus près, Dr Mohammed nous dit que les espèces prédominantes appartiennent à la famille Acroporiade et du genre Acropora. Pour déterminer le niveau des espèces, il sera nécessaire d’étudier les coraux sous un microscope. Nous avons également récupéré une large colonie de Porites attachés à un grand rocher. |
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Post Script: 28 Mars |
Les derniers examens montrent que beaucoup des coraux à branches s’attachent déjà par eux-mêmes aux structures de métal et que la photographie macro démontre des polypes en bonne santé. Quelques espèces de diodons semblent avoir trouvé une nouvelle maison, même quelques poissons perroquets ont été trouvés également en train de grignoter sur le corail, nous ne pouvons pas nous plaindre, c’est ce qu’ils font !
Certaines des algues qui poussent devraient être enlevées et certaines tables de corail ne vont pas très bien. A présent, il paraît que les chances de survie seront supérieures à 40%. |
Remerciements à :
Dr Mohammed Salem, Yasser Awadallah, Victoria Akhmedianova, Karim Tayeh, Karen Bruce, Georgia Connolly, Andy Dawson, Kay Stewart, Elena Dementeva, Douglas McPherson et Victor Polishchuk.
www.redseacollege.com
www.projectaware.org
www.rasmohammed.com
Reef Restoration, Concepts et Guidelines être déchargées www.gefcoral.org
International Year of the Reef www.iyor.org |

Nous montrons notre récompense au Dr. Mohammed |
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